Zep, Grandeur Nature

 
D’où cette histoire vous est-elle venue ?
Un jour, mon fils m’a raconté cette incroyable histoire des koudous du Transvaal, morts mystérieusement… On a mis très longtemps avant de comprendre que c’étaient les acacias qui avaient modifié leur tanin pour les assassiner parce qu’ils étaient devenus nuisibles. Cette anecdote, encore controversée, a déclenché les recherches sur l’intelligence des arbres dont on parle beaucoup aujourd’hui. J’ai imaginé cette histoire inquiétante d’un groupe de chercheurs qui observent la nature et qui vont se rendre compte que c’est la nature qui les observe.
 
Le scientifique à l’avant-scène de cette histoire, Richard Frawley, prête aux arbres des facultés de communication et d’expression chimique extraordinaires…
Les arbres sont sur Terre depuis plus de 400 millions d’années. On sait maintenant qu’ils se transmettent leur « savoir », qu’ils se déplacent, s’adaptent, participent à l’équilibre général de la planète, anticipent certains événements, communiquent… À l’inverse de l’Homme, le dernier arrivé sur Terre, ils transforment la pollution en oxygène. Oui, je crois que les arbres ont énormément à nous apprendre, ils sont passionnants.
 
«Les arbres ont énormément à nous apprendre, ils sont passionnants. »
 
Dans quelle mesure avez-vous emprunté au réel ou à l’actualité pour créer les personnages et les situations de The End ?
The End est une fiction, mais j’utilise beaucoup de faits réels… J’ai rencontré Francis Hallé, l’auteur de nombreux livres sur la question, grand botaniste, dessinateur d’arbres et fondateur de l’expédition « Le Radeau des Cimes ». J’ai pu l’interviewer, on a sympathisé, c'est lui qui prête ses traits au professeur Frawley.
 
Vous évoquez brièvement la question des eco-warriors. Ressentez-vous de la sympathie pour leur cause ?
C’est un combat qui me semble beaucoup plus respectable que les intégrismes religieux. Comme tous les absolus, il court à la catastrophe… mais si l’on ne recherche pas l’absolu à cet âge-là…
 
Vous finissez cette histoire sur une note post-apocalyptique. Pensez-vous que nous allons à la catastrophe ?
Si l’on regarde la Terre, la catastrophe est déjà là : l’humain a tout déréglé. Mais je ne suis pas pessimiste. Peut-être arriverons-nous à rétablir un équilibre… à trouver une forme de communion avec la Terre ? Ce ne serait pas une mauvaise idée…