Une épopée américaine

Raconté par un militant historique des droits civiques, John Lewis, le dernier volet de la trilogie de Nate Powell et Andrew Aydin est consacré à l'émergence de l'égalité raciale sur la scène politique américaine, il y a un demi-siècle.

Wake up America est une histoire vraie : avez-vous travaillé à partir de documents pour représenter le jeune John Lewis et l’Amérique de l’époque ?

Nate Powell : Les photographies m’ont aidé mais j’ai cherché à ne pas être trop rigide et à laisser apparaître les spécificités du récit. J’ai également puisé dans les souvenirs de ma jeunesse dans le sud ségrégationniste.

Quelle est la part de fiction dans ce livre ?

N. P. : Le scénario retranscrit fidèlement la vision et l’expérience de John Lewis dans sa lutte pour les droits civiques. Sa mémoire est impressionnante et il n’était pas nécessaire d’enjoliver ses souvenirs ! Je me suis mis dans la peau du jeune John Lewis pour imaginer les détails de son environnement de l’époque et le graphisme a juste mis en lumière la réalité des faits.

Après Le silence de nos amis, vous mettez à nouveau en images la lutte pour les droits civiques. Vous êtes très attaché à ce thème ?

N. P. : Si j’ai attendu longtemps avant de m’atteler aux questions de la couleur de peau, du pouvoir et de l’activisme, je suis depuis toujours un fervent défenseur des combats pour la dignité et l’autonomie, et mes bandes dessinées reflètent mes positions politiques et sociales. En outre, c’est mon travail sur Le silence de nos amis qui a permis ma rencontre avec John et Andrew et a ouvert la voie à Wake up America !


Wake Up America : 1963-196, John Lewis, Andrew Aydin et Nate Powell, 22 février 2017, 15 euros, 256 pages.