Sur la piste de Geronimo

Matz et Jef prolongent leur exploration des grands mythes américains en s’offrant un détour par l’Histoire, sur les traces de l’ultime chef rebelle de la conquête de l’Ouest : l’apache Geronimo.

Inspirés, Matz et Jef enrichissent leur collaboration d’une nouvelle création commune. Et une fois encore enracinent leur récit dans la terre américaine. Après avoir adapté et mis en images les polars du cinéaste hollywoodien Walter Hill (Balles perdues en 2015, puis Corps et âme début 2016), c’est maintenant vers l’histoire des États-Unis qu’ils se tournent, en proposant une libre interprétation du destin tragique de celui qui fut sans doute, à la fin du XIXe siècle, l’ultime chef rebelle amérindien : l’apache Geronimo.

Avec cet équivalent graphique d’un biopic de cinéma, Matz (scénario) et Jef (dessin) retracent les principales étapes de la vie de cet Indien de légende. Point de départ, un drame survenu vers 1850 : le massacre gratuit par des troupes mexicaines de la plupart des habitants d’un village bedoncohe – l’ethnie apache à laquelle appartient Goyahkla, le vrai nom de Geronimo. Parmi les victimes : sa mère, sa femme et ses trois enfants. Chaman respecté parmi les siens, Geronimo se fait chef de guerre.

 

« Avec cet équivalent graphique d’un biopic de cinéma,
Matz et Jef retracent les principales étapes
de la vie de cet Indien de légende. »

 

Emmenant dans son sillage nombre de guerriers révoltés par les exactions que subissent les populations autochtones, il n’aura de cesse de venger la mort des siens, en s’en prenant d’abord aux Mexicains, puis aux colons blancs qui déferlent en multitude sur l’ouest pour s’emparer des terres disponibles et y édifier une nation en plein essor, les États-Unis d’Amérique.

Trois décennies durant, le chef apache se révèle un tacticien hors pair, tout en fascinant les siens par ses talents d’homme-médecine habité par des visions prophétiques. Et il faudra des efforts inouïs aux troupes envoyées par Washington pour enfin obtenir sa reddition, en 1886 : Geronimo et les siens ne sont que 39, femmes et enfants compris, lorsqu’ils se rendent au général Sterling, et son contingent de 5000 hommes…

L’histoire de Geronimo et de son peuple vaincu marque la fin définitive de la conquête de l’Ouest. Il n’en restera plus qu’une empreinte de cinéma : le western.


Geronimo, Matz et Jef, 15 mars 2017, 18 euros, 120 pages.