Petites Victoires face à l'autisme

Confronté comme bien des parents au choc d’un diagnostic d’autisme, le Québecois Yvon Roy retrace dans un récit sensible son combat au côté de son enfant. Il dresse de cette intense relation père-fils un portrait bouleversant.

À la lecture de ces Petites victoires, on se demande assez vite quelle est, dans cette histoire, la part d’autobiographie…

Yvon Roy : Pratiquement toutes les anecdotes que je rapporte sont authentiques. Ce sont des tranches de vie telles qu’elles ont été vécues sur une période de huit ans, à partir de la naissance de mon fils. Les personnages aussi sont tous de « vraies » personnes. En revanche, j’ai systématiquement modifié leurs noms parce que cela me permettait de préserver une certaine distance, indispensable à mon travail d’auteur.

Combien de temps vous a-t-il fallu pour mettre ce récit au point ?

Y. R. : Cela a été un long processus. Les prémisses remontent à six-sept ans, mais au départ, j’avais plutôt l’idée d’un texte. Que je repoussais sans cesse à plus  tard. Ma rencontre avec Régis Loisel a été décisive, car c’est lui qui m’a beaucoup encouragé à traiter cette histoire en bande dessinée. Il m’a encore fallu cinq à six semaines à plein temps pour mettre au point le traitement graphique : un style semi-réaliste qui permette de transmettre l’émotion, de façon légère, mais qui ne verse pas non plus dans le cartoon.

Revivre l’histoire de votre relation particulière avec votre fils pour les besoins de ce projet a-t-il été difficile ?

Y. R. : Oui, parfois, parce qu’il a fallu exhumer le souvenir de quelques moments qui, à l’époque, ont été des épreuves. Il y a aussi certaines émotions que je n’ai pas eu le temps de vivre réellement lorsque les événements se sont produits et que j’ai ressenties après coup. Au final, faire cet album aura été thérapeutique.

Votre fils a 12 ans aujourd’hui, a-t-il lu l’album ?

Y. R. : Il l'a lu par morceaux au fur et à mesure de sa réalisation et j’ai l’impression que ça lui a beaucoup plu. Il est très heureux de tenir un rôle principal dans l'une de mes productions.

À qui destinez-vous Les Petites victoires ?

Y. R. : À tous les parents, mais en particulier aux pères. Le milieu soignant est parfois très féminin et on peut se sentir exclu, avoir envie de fuir. Je veux leur dire : ne renonce jamais, ton gamin a besoin de toi plus que de quiconque.


Les Petites Victoires, Yvon Roy, 10 mai 2017, 17 euros, 152 pages.