Paris 2119, interview.

Pourquoi Paris, et en 2119 ?

Zep : C’est dans cent ans. J’avais envie de faire une histoire d’anticipation, un genre que j’adore dans la BD et le cinéma. Cette histoire m’est venue en me promenant dans Paris, un jour où il pleuvait. Il n’y avait presque personne dans les rues. Je me suis demandé comment serait la ville dans cent ans.

Dominique Bertail : Paris est un peu divisé en deux parties ; des parties abandonnées et un Paris muséal qui est protégé par un champ magnétique qui repousse la pluie, où tout est retapé. J’ai d’emblée aimé l’idée d’avoir à dessiner Paris. Je n’y vis plus mais j’ai longtemps habité cette ville. Cet album est un peu un portrait de mon Paris, même si le lecteur ne le verra pas. L’influence de Moebius est constamment là. Celle de Bilal aussi ! Sinon, je suis pas mal allé pioche dans l’art contemporain pour les formes. Il y a beaucoup de modules de Sol LeWitt ou de Xavier Veilhan qui ont mal vieilli dans cet album. Et puis des drones qui surveillent la ville. J’ai essayé d’imaginer plusieurs strates d’urbanisme pour rendre ce Paris crédible.

 

Et au cœur de cette histoire, Kloé et Tristan…

Dominique Bertail : Tristan est nostalgique du XXème siècle, un peu rock’n’roll. Kloé est belle, puissante, hiératique. Le fait qu’elle soit noir ébène était une envie de dessin. C’est une espèce de yin et de yang.

 

Et contrairement à Tristan, Kloé utilise le Transcore…

 

Zep : C’est le vrai renversement : la téléportation. Le progrès part toujours d’une bonne intention, mais il y a aussi toujours des dommages collatéraux. Je trouve que la science-fiction a un peu ce rôle-là : développer des histoires autour de ces dommages ; attention, là, ça pourrait mal tourner les gars.