Les arcanes de l'anti terrorisme

 

Marc Trévidic auteur de bande dessinée, on ne vous attendait pas dans ce rôle…
Marc Trévidic :
En tout cas, la bande dessinée fait partie de mon univers de lecteur depuis longtemps. Ce qui me séduit le plus, ce sont les grandes séries classiques comme Blueberry ou Buck Danny. Mon registre en tant qu’auteur, c’était plutôt les conférences, les essais. Je me suis laissé séduire par l’idée de passer à un support entièrement nouveau pour moi, de façon très ludique, même si le sujet est grave.

Et c’est là que Matz entre en scène…
Marc Trévidic
:
Oui, parce que j’ai beau connaître mon sujet, il y a toute une dimension technique à mettre en œuvre, des rebondissements, de l’action, etc. J’ai été vraiment bluffé par la dimension condensée de la bande dessinée : faire passer tant de choses en si peu de surface et avec si peu de mots…

Matz : Et moi de mon côté, j’avais besoin de Marc pour tout ce qui relève de la vraisemblance et de l’exactitude des faits. Être au plus près de ce qui se passe vraiment, avec ce vocabulaire du droit qui me plaît beaucoup, très clair, très précis. Il y a presque une dimension documentaire dans ce travail.

" J'ai été bluffé par la dimension condensée de la bande dessinée "

 
L’histoire que vous racontez dans Compte à rebours est-elle la transposition romancée d’une affaire de terrorisme en particulier ?
Marc Trévidic : Non, c’est plutôt un mix de plusieurs expériences. L’idée de base, c’est de décrire, au plus juste, la réalité de terrain du travail de la police et de la justice en matière d’antiterrorisme. J’ai procédé de manière impressionniste, par petites touches successives, avec l’idée que ce n’est en réalité ni noir ni blanc, mais qu’il y a en fait beaucoup de zones grises : les conflits de pouvoir, les ratages, les egos surdimensionnés… Et tout ça avec énormément de pression.
 
Matz : On a voulu faire un album à hauteur d’homme. Ce que font les juges et les policiers est très technique, très exigeant, mais au bout du compte, ce sont quand même les 
personnages qui reprennent la main. C’est tout sauf une matière froide.
 
Marc Trévidic : C’est cela. La prise de risque est telle, au quotidien, que l’humain est parfois à vif, et les ambiances délétères.
 
Quelle est la suite ?
Marc Trévidic :
Cette histoire sera une trilogie, avec des aspects géopolitiques. Ensuite… nous verrons bien.