Le Château des étoiles T2

Deuxième volet pour la tumultueuse saga spatiale imaginée par Alex Alice dans l’esprit des grands récits à la Jules Verne. Avant de poursuivre le voyage encore plus loin, destination Mars…

« 10 mars 1870, 3h15 du matin. Le premier éthernef jamais conçu par l’homme quittait la Terre au son des fusées d’artifice et de la musique de Wagner. Qui aurait pu imaginer, alors, jusqu’où il allait nous emmener ? » Ainsi parle le jeune Séraphin, premier rôle du Château des étoiles, dès la scène inaugurale du tome 2 de ce grand récit d’évasion aux couleurs du merveilleux scientifique. À la fin du premier volume de la saga, l’Éthernef, spectaculaire vaisseau incarnant les rêves spatiaux du roi Ludwig II, avait in extremis réussi à prendre son envol en Bavière sous le nez des conspirateurs qui avaient juré sa perte, avec à son bord, outre le souverain, un équipage hétéroclite composé de Séraphin, de son père le scientifique Archibald Dulac et de deux de ses amis rencontrés au château du roi, Hans et Sophie. Équipage auquel il faut ajouter – un clin d’oeil explicite à On a marché sur la lune d’Hergé, l’un des inspirateurs dont l’auteur du Château des étoiles Alex Alice revendique l’influence – un passager clandestin découvert une fois que l’appareil est en vol, le chien Falstaff.

Bref, Séraphin a concrétisé l’amorce de son rêve : s’envoler en direction de l’éther – cet éther où sa mère Claire a un jour mystérieusement disparu alors qu’il était enfant, et qu’il s’est juré d’essayer de retrouver. Mais une fois atteint l’espace profond, la grande aventure ne fait en réalité que commencer. Dans l’environnement à la fois magnifique et hostile de « l’océan du ciel », Séraphin et ses compagnons vont affronter mille dangers : la découverte de l’apesanteur, une sortie extravéhiculaire à improviser dans l’urgence, le froid impitoyable à l’extérieur du vaisseau… Jusqu’à cette révélation qu’ils n’auraient jamais osé rêver, même dans leurs songes les plus fous : un authentique alunissage, suivi de l’exploration de la surface de la Lune.

De cette découverte éblouie du monde sélénite, imaginée par les hommes depuis l’aube de l’humanité, tous émergeront profondément transformés. Séraphin, Hans et Sophie y gagneront une maturité nouvelle et de quoi entretenir leur goût partagé de l’aventure. En leur compagnie, le professeur Dulac se passionne pour une substance inconnue découverte dans les grottes lunaires, un cristal d’éther aux propriétés presque magiques qu’ils nomment l’éthérite. Même le chien Falstaff, comme les Dupondt chez Hergé, fait ses délices de la faible gravité de la Lune, à grands bonds enthousiastes. Quant au roi… Transfiguré par ce voyage extraordinaire, Ludwig est persuadé qu’il finira par découvrir, quelque part dans ces confins, un lieu mythique dont il a rêvé, le château des étoiles, et où se nicherait le vrai secret de leur fabuleux voyage…

Tout au long de ce nouveau volet du Château des étoiles, Alex Alice réussit avec conviction et brio à communiquer à chacun de ses lecteurs le sens de l’émerveillement qui est, depuis toujours, à la source de son projet. Aux côtés de ceux qui sont désormais devenus les « éthernautes », il mène l’aventure en chef d’orchestre à la fois élégant et inspiré, sans jamais négliger ni le suspense ni la crédibilité des personnages. Un sans-faute.