La Venin T1, interview

                                                                                    

 

Pourquoi le western, et le choix d’une héroïne ?

Laurent Astier : L’envie de western est là depuis très longtemps. Enfant, j’ai lu pas mal de fumetti, de la BD italienne petit format vendue en presse, et adolescent, la série Blueberry m’a marqué au fer rouge. Le western est quand même toujours très masculin. Je trouvais intéressant, dans cet univers-là, de raconter la trajectoire et le destin d’une femme. Je situe mon histoire à la frontière du western, un monde encore très brutal, et de l’ère industrielle. C’est vraiment une période transitoire entre deux mondes. Dans cet album, il y a des histoires qui se déroulent en 1900, mais aussi tout le background du personnage qui est raconté avec pas mal de flash-backs, qui permettent de le voir grandir.

Grandir et s’affirmer…

À cette période-là, je pense que les femmes étaient plutôt victimes de leur destin. Je voulais développer un personnage féminin qui tente de le maîtriser avec ses armes à elle, même si elle reprend les armes masculines avec des pistolets et des colts. Elle essaie de se révolter. À travers les cinq tomes de la série, ce que j’ai envie de développer, c’est la mutation du personnage, dans le même mouvement que la mutation de la société.

Quelles ont été vos inspirations ?

Même si elle a les yeux bleus, Emily a quand même un côté Claudia Cardinale. L’histoire débute d’ailleurs un peu comme dans Il était une fois dans l’Ouest : une femme à marier qui débarque dans une petite ville de l’Ouest. Après, l’histoire prend d’autres chemins, mais cela me permettait d’avoir un point d’entrée très codifié, très reconnaissable par les lecteurs, pour qu’ils ne se sentent pas perdus et qu’après, je puisse les prendre par la main et les emmener ailleurs.